Le (s)low-tech, l'autre vision de la ville intelligente

Inspirations / Publié le 02 Décembre 2019

Après l’âge d’or des high-tech, qui a érigé la "smart city" en modèle de développement urbain, certains prônent le retour à des technologies plus simples et à faible impact environnemental, pour des villes plus sobres, plus humaines et plus durables. La tendance est au low tech et à la slow city.

Le (s)low-tech, l'autre vision de la ville intelligente

Qu'entend-on par low-tech ?

Le concept de "smart city" (ville intelligente) a vu triompher les TIC dans la ville, avec des solutions intégrées de collecte et d'analyse de données en temps réel, pour mesurer et réguler les comportements urbains (circulation, gestion des déchets, de l'énergie de l'éclairage, etc.). Or, selon le rapport “Pour une sobriété numérique” du think tank The Shift Project, le numérique serait responsable de 3 à 4% de la dépense énergétique mondiale, en progression de 9% par an... Dès lors, une ville low-tech n’est pas forcément anti-high tech, mais une ville où se développent des alternatives toujours plus smart, où la technique et l'intelligence humaines prennent le pas sur la technologie numérique. Un retour à des techniques plus simples, si possible locales et peu gourmandes en ressources, qui intègrent le réemploi et le recyclage de matériaux, à l'instar de Technal et son aluminium bas carbone recyclé Hydro CIRCAL 75R.
Ainsi, la construction du quartier neuf de Néaucité, à Saint-Denis, a vu des expériences pionnières sur le réemploi des déchets de construction. La construction de bâtiments ou de quartiers suivant les principes du biomimétisme – inspirés de propriétés observées dans la nature – entre également dans le cadre d’une ville à la fois low-tech et innovante.
Le (s)low-tech, l'autre vision de la ville intelligente
 

Il y a un grand scepticisme face aux promesses de résoudre tout par les technologies high tech. Alors que la planète continue à se dégrader, les low tech promeuvent la résilience et la sobriété. 

Philippe Bihouix, ingénieur, auteur de L'âge des low-tech (Seuil, 2014).

Le low-tech en phase expérimentale

En France, le programme de recherche et de documentation Low-tech Lab, a mené un tour de France des solutions low-tech développées dans notre pays. Ce "Low-tech Tour" s'est prolongé par une expérimentation sur un habitat. Le défi : vivre pendant un an dans une “Tiny house” (micromaison) intégrant 12 low-tech précédemment repérées (chauffe-eau solaire avec des grilles de frigo recyclés, capteur à air chaud solaire, etc.) pour valider leur pertinence.
 
A l'échelle d'une ville, les promoteurs du low-tech entendent remettre les citoyens au centre du jeu, en les mobilisant autour de projets collectifs, basés sur le développement d'une sorte « d'open source citoyenne », où le numérique est un outil et non une fin. C'est dans cet esprit que sont apparus en Espagne les Ateneus de Fabricació (à Barcelone) et Laboratorios ciudadanos (laboratoires citoyens de Madrid). Des lieux d'innovation et de participation citoyenne apparus spontanément au plus fort de la crise, qui œuvrent dans les domaines de l'économie collaborative, l'apprentissage du numérique ou l'écologie. A Madrid, on compte une vingtaine de lieux ouverts à l'initiative de collectifs d'architectes-urbanistes désireux de renouveler la manière de penser la ville. Les élus de certaines grandes villes - Amsterdam ou Copenhague - intègrent à leur tour ces modes de participation citoyenne, invitant les habitants à participer à chaque nouveau projet urbain structurant, afin que leur ville de demain soit le résultat d'une vision partagée.  

Low city, slow city

Le (s)low-tech, l'autre vision de la ville intelligente

La tendance Low-tech converge avec un autre courant de pensée urbanistique, celui de la "Slow City" (ville lente). Né en 1999, le mouvement Città slow est parti de la ville de Greve en Italie, où des habitants s'opposent alors à l’implantation d’un MacDo. Il cherche à dupliquer les principes du slow food dans l’ensemble des composantes de la ville, en donnant la priorité à la qualité de vie sur la logique d’équipement. Le mouvement a essaimé et compte désormais près de 200 villes réparties dans 27 pays, qui adhèrent à la charte Cittaslow. Sur bien des points, ses 70 recommandations et obligations rejoignent les préceptes du low-tech : limitation des constructions, réduction des consommations énergétiques, développement de lieux de convivialité, réduction des déchets et développement de programmes de recyclage, multiplication des zones piétonnes et espaces verts, priorité aux transports en commun et transports doux…

L'exemple de certaines villes nouvelles présentées comme des modèles de "smart city" (Songdo en Corée, Masdar aux Émirats Arabes Unis), a révélé les limites du concept : il en résulte des villes hyper connectées mais désincarnées, ghettos pour les plus aisés, qui peinent à se remplir. Impact du développement des technologies sur les ressources, menace sur la liberté des individus quand tous les comportements sont scopés… La vision idéalisée d'une ville bardée de capteurs et omnisciente ne fait plus rêver. Un rééquilibrage s'opère au profit de l’humain et des low tech. On parle de plus en plus de human smart city ou de next generation city : un modèle de ville vraiment durable et inclusif, où la performance technologique est au service de l'harmonie et du bien-être des habitants.

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