L'architecture des bords de mer – Épisode 1 / Côte basque et bassin d'Arcachon

Architecture / Publié le 06 Juillet 2020

Pour fêter l'entrée dans la période estivale, 4114 vous convie à une balade architecturale le long des côtes françaises, en commençant par la côte atlantique. Premier épisode à la découverte des trésors architecturaux de deux perles du Sud-Ouest, Biarritz et Arcachon.

L'architecture des bords de mer –  Épisode 1 / Côte basque et bassin d'Arcachon
Cosmopolitisme et élitisme sont les deux traits sociétaux qui caractérisent l'architecture des bords de mer, née avec l'engouement pour les bains de mer au milieu du XIXe siècle. L'émulation sociale au sein de la bonne société se traduit en émulation architecturale, expliquant l’éclectisme du style balnéaire et un goût certain pour la surenchère. Historiquement, le développement des stations balnéaires françaises est d'abord dû à l'engouement pour le thermalisme et les bains de mer, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cette première forme de tourisme, aristocratique et à visée médicale, se muera à la Belle Époque en un tourisme plus large, les stations thermales se dotant alors d'infrastructures de loisir (casinos, établissements de bains, promenades aménagées…) pour occuper une clientèle oisive. 

Biarritz, plage des rois

"Reine des plages et plage des rois", Biarritz doit sa notoriété à Eugénie de Montijo (1826-1920), épouse de Napoléon III. Adepte des bains de mers la jeune impératrice tomba sous le charme de ce qui n'était alors qu'un modeste port de pêche niché dans les rochers, scellant le destin du site. La célèbre "Villa Eugénie" de style Second Empire, en brique rouge et en forme de E (147 pièces tout de même…) édifiée pour le couple impérial en 1854-1855 sur le front de mer – l'actuel Hôtel du Palais - demeure le monument signature de la cité balnéaire.
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De la fin du XIXème siècle à la première guerre mondiale, la Belle Époque voit tout le gotha défiler à Biarritz, les têtes couronnées entraînant dans leur sillage l’aristocratie et la haute bourgeoisie d’Europe et des Amériques. Quelques-unes des plus belles villas biarrotes sont alors édifiées : le Château Gramont (1866), l'extravagant Château Boulart (1877), la villa Goéland (1903) perchée sur le Plateau de l’Atalaye ou l'iconique Villa Belza (1882) construite sur un promontoire rocheux à l'entrée de la Côte des Basques.
Durant l'entre-deux guerres, les années folles voient la ville s'équiper d'établissements de bains, de casinos. On retiendra les beaux spécimens Art Déco que sont le Casino municipal (1929 architecte Alfred Laulhé), le Musée de la Mer (1933), ou encore la Villa Trinidad, entre l'Hôtel du Palais et le phare. Très en vogue à l'époque également (et toujours d'actualité), le style néo-basque, reconnaissable à ses façades blanches à colombage rouge ou vert.
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Depuis lors, Biarritz s'est ouverte au tourisme de masse. Mais fière de son patrimoine architectural hors norme, la cité balnéaire a aussi montré son intérêt pour une architecture contemporaine innovante, avec la création de la Cité de l’Océan confiée à un duo international d’architectes (le New-Yorkais Steven Holl et la brésilienne Solange Fabião). Son architecture originale, basée sur le concept “Sous le ciel, sous l’océan” joue la symbiose avec les vagues, dans un savant jeu de volumes convexes et concaves.
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Bassin d'Arcachon, des chalets aux cabanes de luxe

Tout commence en1823, lorsqu'un certain François Legallais installe un hôtel aux bains de mer, plage d’Eyrac. De nombreux malades issus de l’aristocratie affluent alors, l'ébauche du front de mer se dessine. Dès 1849, le rivage arcachonnais s'urbanise avec pour l'essentiel des "chalets" d'inspiration suisse mais avec colonnades et galeries, de style néo-classique ou "colonial", comme à la villa Salesse (1855), en bord de mer. Deux frères, Emile et Isaac Pereire vont accélérer l'essor de la ville. Ces deux as de la finance ayant acquis la Compagnie des chemins de fer du Midi, prolongent la ligne Bordeaux-La Teste jusqu’à Arcachon (1857) et créent la Ville d’Hiver. Le quartier érigé sur les hauteurs, est doté de rues étroites et sinueuses pour protéger les tuberculeux des courants d'air et agrémenté d'un parc et du monumental Casino Mauresque, aux accents d'Alhambra, point de rendez-vous de l'aristocratie et la haute bourgeoisie d'Europe en villégiature (malheureusement ravagé par un incendie en 1977).
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Partout dans la ville, les architectes laissent libre cours à leur inspiration. Les chalets suisses côtoient les manoirs gothiques, les pavillons mauresques ou les châtelets néocoloniaux, composant le style pittoresque caractéristique des stations balnéaires de l'époque, à grand renfort de bois sculpté, faïences, briques, pierres de taille et clochetons… Parmi les plus beaux spécimens : la villa Trocadéro construite en 1863-1864 sur le modèle du chalet suisse par Paul Régnauld, ingénieur en chef de la Compagnie du Midi, la Villa Teresa et son décor de briques rouges et de céramiques, ses balcons et grilles ajourées et son belvédère, la villa Alexandre Dumas (1895, architecte J. de Miramont) de style hispanique et son belvédère d'inspiration italienne, ou encore la villa Toledo avec ses lambrequins de bois découpé et ses délicats ornements de charpente, semblables à de la dentelle. Remarquable aussi, la dizaine de demeures de style classique disséminées dans la ville, imposantes bâtisses blanches à toit plat, couronnées d'une balustrade et ponctuées de statues et de vasques (villas Moby Dick, Cyrnos ou Castel Lammarre…).
Sortis d'Arcachon, les mordus d'architecture pousseront jusqu'à la presqu'île du Cap Ferret. Ici, deux écoles : des cabanes de bois massées dans de petits villages ostréicoles aux noms charmants - L'herbe, La Vigne - se transmettent de génération en génération ou se rachètent à prix d'or. Les architectes déploient des trésors d'ingéniosité pour optimiser les mètres carré et transformer ces baraques en nids douillets tout confort. Collées-serrées les unes aux autres, sans extérieur pour la plupart, elles offrent à défaut d'intimité l'avantage de l'authenticité et des vues à couper le souffle. Deuxième option : une villa contemporaine retirée dans la pinède, comme cette superbe maison de vacances lauréate de l’Architizer Award (Catégorie Private House)en 2017. Œuvre du cabinet L’Atelier du Pont, elle est toute de bois et de verre, en parfaite harmonie avec la nature environnante. Le tout à découvrir à pied ou à vélo.
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