L'architecture des gares, une question de prestige

Architecture / Publié le 10 Janvier 2022

Symbole de l'industrialisation et de l'urbanisation au XIXe siècle et au XXe siècle, les gares sont des infrastructures à part, qui doivent conjuguer des contraintes fonctionnelles fortes à des enjeux d'image pour les villes. 4114 vous embarque dans un Tour de France en 5 étapes, qui retrace l'histoire de l'architecture des gares.

L'architecture des gares, une question de prestige
Les premières gares ont poussé dans les années 1820, en Angleterre puis en France. Aux débuts du chemin de fer, l'arrivée du train dans une ville est une promesse de modernité et de prospérité qui la fait accéder à un nouveau statut : l'architecture des gares est d'abord un moyen pour les compagnies de chemin de fer et les maires d'affirmer leur puissance et leur prestige. On construit alors des bâtiments monumentaux aux allures de châteaux, aux façades richement sculptées, flanqués de frontons et de tours. Un faste qui vaut à certaines gares d'être aujourd'hui inscrites aux monuments historiques. Après la Seconde Guerre mondiale, les gares se modernisent et leur architecture se fait plus fonctionnelle, au prix d'une certaine uniformité. L'apparition des trains à grande vitesse (TGV) au début des années 1980 sonne le renouveau de l'architecture des gares et le retour des prouesses architecturales.
 

La gare de Metz et son style néo-roman (1908)

La gare de Metz a été bâtie en grès de Niderviller dans le style néo-roman. Le décor de ses façades retrace les conquêtes de l'Empire allemand, et pour cause : elle a été construite entre 1905 et 1908, quand l'Alsace et la Lorraine étaient sous domination allemande. Inscrite aux monuments historiques en 1975, les Français l'ont élue en janvier 2021 « plus belle gare de France » pour la 3e année consécutive.
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Limoges Bénédictins, entre Art nouveau et Art déco (1929)

Pur produit des années folles, la gare de Limoges-Bénédictins est célèbre pour sa majestueuse coupole, son campanile haut de 67 mètres et sa façade sculptée d’une grande finesse. Mélange d'Art nouveau, d'Art déco et de néoclassicisme, elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1975. Considérée comme l'une des plus belles de France, elle vaut vraiment le détour, même si l'on n'a pas de train à prendre !
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Gare de Strasbourg, un mix ancien/moderne réussi (2007)

La gare de Strasbourg est le parfait exemple de rénovation et d'agrandissement du patrimoine ferroviaire en lien avec l'arrivée du TGV. L'édifice en pierre de style Renaissance bâti par l’architecte berlinois Johann Jacobsthal (1883) a été métamorphosé en 2007 par l'ajout d’une immense verrière courbe à l'allure résolument contemporaine. L'extension visait à adapter les anciens espaces étroits à la croissance annoncée du trafic de 40 000 à 60 000 passagers/jour. Les architectes de l'AREP, l'agence d'architecture de la SNCF, ont conçu une structure composée de 16 arcs de métal et 900 panneaux de verre formant une halle transparente de 150 m de long et 20 m de haut, qui enveloppe complètement la façade originelle. La surface d'accueil de la gare a ainsi été doublée, ce qui a permis d'améliorer la qualité d'usage et la gestion des flux de passagers tout en conservant le prestige du patrimoine ferroviaire ancien.
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La gare de Lyon Saint-Exupéry signée Calatrava (1994)

Mise en service pour les Jeux olympiques d'Albertville, cette gare assure l'interconnexion entre l'aéroport de Lyon et le réseau LGV. Elle est l'œuvre de l'architecte et ingénieur espagnol Santiago Calatrava Valls, mondialement connu pour ses réalisations aux lignes fluides et épurées qui s’inspirent de formes organiques. Fidèle au style qui l'a rendu célèbre, la structure en béton armé et acier de Lyon Saint Exupéry représente un oiseau prenant son envol, alliant puissance et légèreté.
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La gare d’Avignon TGV et la lumière de Provence (2001)

De forme oblongue, la gare d’Avignon TGV est une construction en bois, verre, béton et acier, en forme de coque de bateau retournée. L'édifice est composé d’une coque en ciment-verre sur sa façade sud et entièrement vitré sur sa face nord. Recouvert d'un spectaculaire toit vitré de 340 mètres de long, le bâtiment a été conçu pour protéger les passagers des ardeurs du Mistral et du soleil, tout en bénéficiant de la lumière de la Provence. Située hors les murs, cette architecture avant-gardiste dialogue avec la ville ancienne intra-muros, grâce à ses quais surélevés offrant des vues sur le palais des Papes. 
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