Paris s'emballe pour Christo (1935-2020)

Inspirations / Publié le 24 Septembre 2020

L'artiste plasticien Christo aurait dû habiller l'Arc de triomphe pour les Journées du Patrimoine du 19/09 au 4/10/2020, 35 ans après l'empaquetage du Pont Neuf. La disparition de l'artiste en mai dernier a privé la ville-lumière de ce nouveau coup d'éclat. Avec l'exposition "Christo et Jeanne-Claude – Paris !", le Centre Pompidou rend hommage à ce couple-phare de l'histoire de l'art et c'est à voir jusqu'au 19 octobre 2020.

Paris s'emballe pour Christo (1935-2020)
L’exposition du Centre Pompidou consacrée à Christo et sa compagne Jeanne-Claude a été préparée par l'artiste lui-même juste avant sa mort survenue à New York, le 31 mai dernier. Elle retrace la période parisienne du couple entre 1958 et 1964 et revient sur l'histoire de l'un de ses projets les plus emblématiques, l'empaquetage du Pont Neuf (1975-1985). 
 

Tout commence par l'exil

Né en 1935 en Bulgarie, Christo Vladimiroff Javacheff fuit la Bulgarie communiste après des études artistique et pose ses valises à Paris en 1958. C’est là qu’il rencontre Jeanne-Claude (1935-2009), qui devient sa femme et son binôme artistique. La première intervention du couple dans l'espace public a lieu en1962 : il érige de nuit un mur de barils à pétrole barrant la rue Visconti, un « rideau de fer » miniature pour dénoncer la construction du mur de Berlin tout juste achevée. 
Paris s'emballe pour Christo (1935-2020)

La fièvre empaqueteuse

À partir des années 1960, Christo se met à empaqueter des objets du quotidien mais aussi des statues ou des corps de chair et d'os. Même ses propres tableaux sont emballés dans du film plastique. En 1964, Christo et Jeanne-Claude partent s’installer aux États-Unis. Dès lors, le couple essaime ses projets fous partout dans le monde : empaquetage de monuments urbains - le Musée d’Art contemporain de Chicago, le Pont-Neuf à Paris et le Reichstag à Berlin, ou insertions dans des paysages grandioses - barrières de tissu géantes avec CurtainValley dans le Colorado (1972) et Running Fence en Californie en 1976, deux évocations du rideau de fer -, Surrounded Islands en Floride (1983) ou plus récemment les passerelles jaunes posées sur le lac d’Iseo, en Lombardie (2016). Des créations hors normes, qui réclament une longue préparation (jusqu'à une à deux décennies entre la conception, les pourparlers avec les autorités, la mise au point technique…) et sont entièrement autofinancées par la vente des croquis et maquettes réalisées par l'artiste.
 

Art nomade

A ceux tentés de conceptualiser son travail, Christo répondait que seules comptaient à ses yeux les qualités plastiques et esthétiques de l’œuvre. Les jeux de matières et de drapés mettent en évidence les proportions et soulignent l'architecture, c'est là toute la magie de son art.

 

Je ne veux ni figer, ni perturber les lieux sur lesquels j’interviens. Je cherche simplement à créer des moments de surprise et d’émerveillement.

Paris s'emballe pour Christo (1935-2020)
Christo occupe une place singulière dans l'histoire de l'art, par la dimension et l'audace de ses œuvres et leur caractère inclassable. L'artiste s'est d'ailleurs toujours tenu à l'écart des courants artistiques de son temps. Proche des nouveaux réalistes, il en désapprouve l’approche théorique. S'il utilise des objets ou paysages existants, il ne se réclame ni du ready-made de Marcel Duchamp et ni du land art. Au fil des créations, Christo développe un vocabulaire bien à lui : ses œuvres sont « temporaires » plutôt qu'éphémères ; au terme d'emballage, associé à la société de consommation, il préfère celui d'empaquetage qui renvoie à l’idée de voyage et de départ, référence explicite à l'exil. 
« Il y a dans les empaquetages l’idée de déployer un tissu, puis, comme le font les nomades et les gens du voyage, de le replier et de partir », explique Sophie Duplaix, commissaire de l'exposition au Centre Pompidou. 

Lorsque Christo s'est éteint à 84 ans, son dernier grand projet, l'empaquetage de l'Arc de triomphe à Paris, venait d'être repoussé en raison de la pandémie de Covid. Qu'à cela ne tienne : le Centre des monuments nationaux a annoncé qu'il le mènerait à bien. Rendez-vous est donc pris, place de l'Étoile, à l'automne 2021, en écho à ces mots de Christo : "Ces œuvres ne sont visibles qu’une fois dans une vie, mais restent gravées dans les mémoires. Cet aspect est essentiel dans notre démarche et rappelle un principe résolument humain : rien ne dure éternellement, et c’est là toute la beauté de la vie. »

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Expo "Christo et Jeanne-Claude – Paris !"
Galerie 2 - Centre Pompidou, Paris
Jusqu'au 19 oct. 2020 de 11h à 21h
 

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