Pékin, la ville qui ne s'interdit rien

Architecture / Publié le 27 Fevrier 2019

Avec le Nouvel An chinois, de joyeuses sarabandes déferlent dans nos villes, ouvrant une fenêtre sur une culture millénaire. Une source d'inspiration pour 4114, qui vous propose une balade à Pékin, ville de toutes les audaces architecturales. Suivez le guide !

Pékin, la ville qui ne s'interdit rien

La Cité Interdite, une leçon d'harmonie

Toute escapade pékinoise débute par le Saint des saints, la Cité Interdite. Bâtie au début du XVe siècle, elle fut pendant près de 5 siècles (1406-1911) la résidence impériale des dynasties Ming puis Qing. Sa superficie de 72 ha et ses 9 000 pièces, en font le plus vaste complexe architectural de Chine et l'un des plus importants au monde. Une véritable ville dans ville, que les empereurs ne quittaient qu'à de rares occasions. Ce modèle d'architecture médiévale chinoise révèle une étonnante modernité dans sa construction. D'abord, tous les palais de la Cité Interdite ont été construits sur la base de la culture confucéenne et du Livre des Changements, visant à "L'union de l'être humain et la nature" et à l'harmonie ; des idées toujours tendance chez nos architectes et urbanistes actuels ! Le site présente aussi une remarquable symétrie, de part et d'autre d'un axe central, où se trouvent plusieurs palais aux noms évocateurs : Pavillon de la Suprême Harmonie, Salle de l'Harmonie du milieu, Salle de l'Harmonie Préservée.... La Cité Interdite, c'est aussi une architecture durable et modulaire avant l'heure, avec le bois pour matériau de base : des poutres et des colonnes peintes supportent chaque pavillon, les murs n'étant que des structures auxiliaires pour séparer les pièces. Les espaces intérieurs et les ouvertures pouvaient ainsi être facilement modifiés, au gré des besoins des occupants.
Pékin, la ville qui ne s'interdit rien

De l'architecture bouddhiste...

L'architecture religieuse traditionnelle n'est pas en reste, comme en témoignent le Temple du Ciel et le Temple des Lamas (photo ci-dessous), joyaux de la culture bouddhiste. Le premier, situé dans le quartier de Xuanwu au sud de Pékin est l'un des quatre grands temples de l'ère impériale, dont les bâtiments symbolisent la croyance ancienne selon laquelle la Terre était carrée et le ciel rond. Construit en 1694 sous la dynastie Qing, le second édifice servit un temps de résidence au futur Empereur Yongzheng, avant de devenir une lamaserie. Ses incroyables cascades de toits, ses fresques et tapisseries, ses statues de Buddhas dorés et ses moulins à prières tibétains, ont fait sa renommée.
Pour en terminer avec le décorum de la Chine traditionnelle, rien de tel qu'une flânerie dans les Hutongs, ces quartiers traditionnels de Pékin et leurs dédales de ruelles sans âge où il fait bon se perdre.
Pékin, la ville qui ne s'interdit rien

À l'architecture communiste

Au 20e siècle, l'empreinte communiste a profondément transformé le centre de Pékin. La place Tian an Men en est l'un des emblèmes, voulus par le Président Mao. Créée en 1959, à l'occasion du 10ème anniversaire de la République Populaire de Chine, l'immense esplanade de 40 hectares concentre un ensemble de bâtiments du plus pur style stalinien : le palais de l'Assemblée du Peuple ou Grand Hall du Peuple, centre névralgique de la vie politique chinoise, le musée national de Chine. En son centre, le monument aux Héros du Peuple, un obélisque de 38 m de haut, symbolise le triomphe du peuple communiste. Sans oublier le mausolée de Mao Zedong plus au sud, un bâtiment rectangulaire dont les bas- reliefs représentant des combattants de la Révolution.
Pékin, la ville qui ne s'interdit rien

Pékin, icône de l'architecture contemporaine

Au tournant du 21e siècle, Pékin entame une nouvelle révolution. Les dirigeants chinois profitent des Jeux Olympiques de 2008 pour confier plusieurs infrastructures majeures à des architectes célèbres, afin d'offrir au monde le visage d'une chine résolument ouverte et moderne. Des constructions en rupture avec la tradition, qui ont parfois suscité le débat, comme en témoignent les surnoms cocasses dont les chinois lesont affublées.
C'est d'abord le spectaculaire stade Olympique de Pékin ou « Nid d’oiseau » conçu par les architectes suisses Herzog & de Meuron pour accueillir les compétitions. C'est ensuite le siège de CCTV (la télévision chinoise), surnommé « le pantalon », érigé à l’Est du quartier des affaires. Un projet controversé, du fait de sa forme peu conventionnelle, de l'emplacement choisi - il surplombe le trafic routier - et de son coût exorbitant. Même accueil dubitatif pour l'étonnant Opéra de Pékin, conçu par l'architecte français Paul Andreu surnommé « l’œuf de canard ».
Plus récemment, le centre commercial Galaxy Soho (2014), inspiré des ondulations de la Grande Muraille de Chine et le nouvel aéroport (inauguration en 2019), tous deux signés Zaha Hadid, classent définitivement Pékin parmi les capitales les plus avant-gardistes au monde... En attendant l'inauguration du futur Musée des arts de la Chine (Namoc), autre projet pharaonique signé Jean Nouvel, appelé à devenir le plus grand musée d'Asie.
 
Ainsi va Pékin, mégalopole des contrastes façonnée par son Histoire et ses dirigeants. Une ville spécialiste du grand écart, où tradition millénaire, architecture communiste et architecture contemporaine s'entrechoquent.

HORS LES MURS

• La Grande Muraille de Chine : impossible de quitter Pékin sans un détour par l'une des 7 Merveilles du Monde, visible à seulement 70 km. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco en même temps que la Cité Interdite (1987) c'est le plus grand édifice jamais construit par l'Homme (21 0000 km d'Est en Ouest).

• Le Palais d’Été : situé à une vingtaine de km au nord-ouest de Pékin, cet ensemble lui aussi classé au patrimoine de l’UNESCO, était la résidence d'été des empereurs. En plus du palais, on peut y admirer un immense parc avec un lac, des temples, des pavillons, et des ponts d’architecture chinoise classique, dont le fameux "pont aux 17 arches".

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