Henri Gaudin, un si grand architecte

Rencontres / Publié le 11 Mai 2021

Portrait-hommage au grand architecte français Henri Gaudin, disparu en mars 2021 à 87 ans. Auteur du stade Charléty et de la rénovation du musée Guimet entre autres, il a été sacré deux fois Équerre d'argent et médaille d'or de l'Académie d'architecture. Un géant s'en est allé, au propre comme au figuré.

Henri Gaudin,  un si grand architecte
Né en 1933 à Paris, Henri Gaudin grandit à La Rochelle. Après une première expérience dans la Marine, il change de cap et part se former aux Beaux-Arts de Paris. Il fait ses débuts d'architecte aux États-Unis, dans l’agence Harrison, Abramovitz & Abbe. De retour en France, il s’illustre dans des opérations d'habitat collectif. Passionné d'histoire et de marine, l'architecte dessine des bâtiments imposants aux allures de vaisseaux, mélangeant lignes droites et courbes douces, rythmés par des ouvertures en forme d'ogives inspirées du Moyen-Âge. L'homme remporte sa première Équerre d’argent en 1986, pour un immeuble de 100 logements sociaux réalisé à Évry-Courcouronnes (Essonne). Il sera consacré une seconde fois en 1994, pour le stade Charléty et remportera la même année la médaille d’or de l’Académie d’architecture.

Un architecte qui sortait du cadre

Grand par le talent, l'homme l'était aussi par sa taille… Sa stature imposante (2 mètres) lui valut des soucis de santé, l'obligeant à limiter ses voyages en avion. C'est en partie ce qui explique sa carrière 100% française, malgré ses multiples récompenses et la reconnaissance de son talent par ses pairs. 
Ce corps hors norme a-t-il influé sur sa personnalité ? Toujours est-il que Gaudin s'est toujours affranchi de la mode et des normes, refusant de se laisser enfermer dans un cadre. Il en résulte une écriture architecturale singulière, unissant dans un même bâtiment l'austérité du courant moderne aux envolées de lignes courbes et volumes tronqués sur la façade opposée, annonciatrices d'une nouvelle liberté des formes. 
 

Henri Gaudin en 4 œuvres


Logements sociaux à Évry-Courcouronnes (1986)

Au début des années 1980, ce quartier de la ville nouvelle d’Évry est une sorte de no man's land, un entre-deux flou entre ville et campagne, parsemé de quelques constructions. Henri Gaudin dresse là un bâtiment accueillant 100 logements sociaux, qui structure le quartier et la ville. L'imposante façade Nord, sorte de bastion massif flanqué de trois tours, fait place côté sud, à des volumes déstructurés, traversés par des allées, ruelles et coursives, espaces de circulation et de rencontre. À l'heure des banlieues désincarnées, et en rupture avec le mouvement moderne, Gaudin propose ainsi une autre vision de la banlieue, où l'usage et l'humain sont au centre du propos architectural.

 
Henri Gaudin,  un si grand architecte
Henri Gaudin,  un si grand architecte

Stade Charléty (1994)

La réalisation de ce stade urbain, également siège du Comité olympique du sport français, co-conçu avec son fils Bruno lui aussi architecte, vaudra à Henri Gaudin une seconde Équerre d’Argent. De forme ovoïde, le stade Charléty offre une structure lisible, opposant la puissance des piliers en béton à la finesse des câbles métalliques qui supportent le toit suspendu. L'ensemble dégage une impression de tension, qui confère à l'ouvrage une grande légèreté. Les Gaudin père et fils ont réussi à imbriquer le stade dans le quartier en jouant sur les transparences. Le regard et la lumière peuvent traverser le stade, de sorte que l'intérieur reste visible de la rue, et vice-versa. 

 

Musée national des arts asiatiques – Guimet (2006)

À l'occasion de la restructuration du Musée Guimet, Henri et Bruno Gaudin transfigurent les anciennes galeries d'exposition poussiéreuses en des espaces clairs et épurés, à la circulation fluide. Le patio central coiffé d'une verrière, dessine une vaste nef où la lumière naturelle est omniprésente. Véritable colonne vertébrale de l'édifice et pièce maîtresse du musée, un escalier monumental en béton blanc distribue les différents espaces. 

 
Henri Gaudin,  un si grand architecte
Henri Gaudin,  un si grand architecte

Cité de la musique et de la danse de Soissons (2016)

A plus de 80 ans, Henri Gaudin livre là son ultime projet, toujours en collaboration avec l'Atelier Bruno Gaudin. Une nef, des arcs et volumes en ogive… l'édifice dialogue intelligemment avec l'abbatiale Saint-Jean-des-Vignes toute proche, sans tenter de rivaliser. L'ensemble, empreint de théâtralité, dégage une impression de sérénité et d'harmonie. Une réalisation-testament, comme le confiait alors Bruno Gaudin à Batiactu "Mon père a longtemps travaillé sur l'architecture gothique et romane, il a dessiné, écrit, et pensé sur ce thème. Cette réalisation reflète le fruit de sa vie d'architecte."

 

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