Cyrus Cornut, ville et nature dans le viseur

Rencontres / Publié le 06 Avril 2021

Architecte de formation, le photographe d'architecture français Cyrus Cornut a trouvé une autre manière de conjuguer ses passions pour le bâti, les villes et les voyages. Depuis 20 ans, il parcourt le monde pour capturer les paysages urbains et leur évolution, questionnant au passage notre rapport à l'habitat, au temps et à la nature.

Cyrus Cornut, ville et nature dans le viseur
Dans un contexte d'urbanisation croissante de la planète, alors que 76% des humains vivent en zone urbaine (Données Atlas of the Human Planet 2019), le photographe Cyrus Cornut promène son objectif de la France à l'Asie pour capturer l'esthétique des villes et leur évolution. Né en en 1977 à Paris, l'homme a d'abord pensé être architecte avant de jeter son dévolu sur la photographie. Une passion venue un peu par hasard, à la faveur d'un voyage en Chine, à la fin de son cursus à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Belleville (ENSA-PB). 
 
Cyrus Cornut, ville et nature dans le viseur

Des mégalopoles chinoises à la banlieue parisienne

Son tout premier travail, qui met en scène les mégalopoles chinoises et leurs constructions, sera exposé aux Rencontres Internationales de la photographie d’Arles en 2006, sous la direction artistique de Raymond Depardon. Cette entrée en matière concluante se prolonge au sein du groupe France 14, réunissant 14 photographes remarqués par Depardon. C'est au sein de ce collectif que Cornut revient à Arles en 2010, avec une nouvelle série, intitulée « Voyage en périphérie ». Il braque alors son objectif sur les banlieues d'Île-de-France, ces espaces qu'il qualifie « d’antivoyages », témoignant de l'architecture des grands ensembles, fruit des plans successifs pour le logement de masse et de la course aux mètres carrés.

A l'opposé de l'image caricaturale des cités, l'artiste choisit de traiter ces barres d’immeubles comme des monuments avec des touches de couleur pour les mettre en valeur, au lieu du traitement habituel en noir et blanc. « J’ai voulu les photographier comme on photographierait la Tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe. Non pas que j’encense ces constructions, mais on ne peut nier que ce sont des architectures monumentales ! » explique alors l'artiste.
 

L'humanité face à l'accélération urbaine

La série Chongqing, sur les quatre rives du temps qui passe, ramenée d'un voyage en Chine effectué en 2017 et présentée à la Fisheye Gallery à Paris en 2019, documente les différences d’échelle entre le bâti et l’humain. On y voit des villes en perpétuel chantier hérissées de constructions au design futuriste, dont le tracé grignote l'environnement. « L’agglomération de quinze millions d’âmes se voit perfuser près de 300 000 nouveaux arrivants chaque année (…) La vitesse de l’urbanisation a pris de haut le temps lent des pêcheurs, de l’érosion des fleuves, de l’éclosion puissante des montagnes », commente le photographe. Il en résulte une série de clichés fantomatiques, qui donnent à voir d'imposants bâtiments et infrastructures, peuplés de rares silhouettes humaines, émargeant d'une lumière voilée d'un brouillard épais, qu'on devine de pollution. L'œil implacable du photographe saisit là une humanité au pied du mur et au bord de l'asphyxie. 

 
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Prendre une photo, c'est faire le choix de la fenêtre par laquelle on regarde 

 

Illustrer le lien entre nature et architecture

A côté des villes hors de contrôle, notre chasseur d'images pose un œil tout aussi fasciné par les paysages naturels et les espaces sauvages. C'est ce dernier regard que l'artiste a partagé l'été dernier avec le public du festival "Promenades photographiques" de Vendôme en exposant des grands tirages dans la section "Les végétales". La première série d'images, « Lost in the forest » capturée lors de voyages personnels dans les forêts de Bébour Bélouve, à la Réunion, ou de Yakushima au Japon, montre la beauté d'écosystèmes très architecturés quoique sauvages, à l'équilibre fragile. La seconde série, intitulée « Le refuge », a été photographiée sur les rives du Lez, petite rivière et parenthèse de nature qui traverse l'agglomération de Montpellier. 
 
Pour ses prises de vue, Cyrus Cornut affectionne de travailler à la chambre grand format 4x5. A l'heure du numérique, cette technique artisanale lui permet de poser un regard lent, avec des cadrages précis, mûrement réfléchis, sur un monde en perpétuel mouvement. Un art du contraste et une quête quasi philosophique sur le rapport de l'Homme au temps, et sa façon d'habiter la Planète. 

 
Cyrus Cornut, ville et nature dans le viseur
Dernière minute ! La nouvelle est tombée le 16 mars dernier, Cyrus Cornut est lauréat 2021 du prix HSBC pour la photographie pour sa série « Chongqing, sur les quatre rives du temps qui passe ».
 
Site officiel du photographe Cyrus Cornut  
 

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